MOBILIER COLONIAL

ET ESPRIT CRÉOLE



Lits à colonnes, berceuses, armoires, chaises… S’il n’y a pas à proprement parler de style créole, il existe un mobilier des Antilles françaises, résultant de l’histoire de ces îles, de leur colonisation, de la créativité et de l’imaginaire de leurs ébénistes qui surent s’inspirer et interpréter différents styles d’influence française, anglaise, hollandaise, ou anglo-américaine.


Il n’existait pour Stendhal qu’une trentaine de grands peintres, les autres n’étant pour lui que des copieurs auxquels il reconnaissait cependant la qualité d’avoir fourni un grand nombre de tableaux agréables à regarder. Qu’en serait-il aussi des mobiliers anciens, s’il n’y avait eu les « copistes » ? Certains auraient disparu ensevelis par le temps…

D’excellents copistes
Des copies, c’est ce que firent les artisans des ports de Bordeaux, Saint-Malo, Nantes, pour répondre aux commandes de planteurs antillais qui s’étant contenté d’un mobilier sommaire, en début de colonisation, commençaient à s’intéresser à l’aménagement de leur habitation, dès lors que leurs exploitations prenaient de l’ampleur et leurs finances aussi.
Ces marins-ébénistes reproduisirent ainsi des meubles de style, mais en bois des îles - courbaril, mahogany petites feuilles, bois de rose, etc.- en lieu et place du chêne, du merisier ou du noyer. Et, à chaque port, l’inspiration est née à la faveur des styles importés par les colons implantés aux Grandes et aux Petites Antilles.

De nombreux styles Ainsi parle-t-on du :
> style bordelais tout au long des 18e et 19e s. (inspiré des styles anglais : Queen Ann, Chippendale, Adam, Hepplewhite, Sheraton, Regency ou Victorian) ;
> style malouin (adapté du style hollandais)
> style nantais (inspiré du style parisien  : Louis XV, Louis XVI, Directoire, Empire, Restauration, Louis-Philippe, Second Empire, Napoléon III, Art Déco au 20e s.).
> du style anglo-américain, venu tout droit de la Louisiane, colonie française entre 1718 et 1803.

LA RELÈVE LOCALE
La demande se faisant plus pressante, ces artisans-marins rejoignirent Guadeloupe et Martinique, dès le 18e s., s’y installèrent et formèrent des ébénistes locaux qui progressivement prirent la relève. Ces meubles et leurs copies, très onéreux, n’étaient malheureusement pas à la portée de tous.

n° 125 - 04/2017


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