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VISEZ LA MAISON SAINE



Une étude de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur a révélé qu’en France l’air d’un logement sur deux est pollué et que l’on y retrouve pas moins d’une trentaine de polluants par logement. Il est temps de « faire le ménage ».


Certains meubles, linos et moquette, matériaux de construction, peintures et produits d’entretien, sans oublier le tabac et les feux de cuisson contiennent des polluants  : pesticides, bisphénol (perturbateur endocrinien nocif) et phtalates parmi les polluants les plus couramment retrouvés dans les intérieurs. Si l’hiver est la période la plus problématique sous les hautes latitudes, c’est au contraire, chez nous, du fait de la chaleur que les fenêtres et portes se referment pour laisser la climatisation rafraîchir l’atmosphère. Or, seule une aération efficace permet d’évacuer ces polluants qui peuvent provoquer allergies, irritations des voies respiratoires, maux de tête, voire intoxications. Le moyen le plus efficace est de traquer les sources de polluants.

UTILISER DES PEINTURES « VERTES »
Une peinture est écologique lorsque, d’une part, elle ne libère pas ou très peu de composés organiques volatiles (COV, principalement des hydrocarbures utilisés comme liants et qui s’évaporent lorsque la peinture sèche) et que, d’autre part, elle laisse les murs respirer. Une peinture naturelle, en effet, ne contient ni hydrocarbures, ni éthers de glycol, ni cadmium, ni chrome, ni COV :
> Les liants sont fabriqués à partir d’huiles végétales (lin, ricin, romarin, lavande), de cire d’abeille, de résines naturelles, de caséine, de craie
> Les solvants sont à base d’huiles essentielles (avec propriétés anti-fongiques ou anti-bactériennes)
> Les pigments sont de nature végétale (valériane, thé, etc.) ou minérale (terre de Sienne, oxydes de fer, etc.).
> Une peinture naturelle affiche tous ses ingrédients.

CHOISIR UN MOBILIER SAIN
Il n’y a pas que les peintures qui peuvent contenir des COV, les meubles aussi.
> Principal produit mis à l’index : le formaldéhyde ou formol, un intermédiaire organique utilisé pour la fabrication d’un très grand nombre de produits industriels et qui, concernant les meubles, se retrouve dans la colle des panneaux mélaminés des cuisines. Ce produit est classé cancérigène certain pour l’homme, depuis juin 2004, au même titre que le benzène. La norme NF EN 120 garantit une teneur en formaldéhyde inférieure à 8 mg/100 g de panneau sec, mais mieux vaut choisir des panneaux de particules contenant de la résine naturelle.
> Autre produit nocif pour l’environnement  : le chlorure de polyvinyle (ou PVC, mélange d’hydrocarbure, de chlore et de phtalates qui sont suspectés d’être des perturbateurs hormonaux). Ils entrent dans la fabrication de très nombreux matériaux allant des ustensiles ménagers aux revêtements de sol.
> Attention aux vernis dont peuvent être enduits des meubles en bois massif, qui peuvent comporter des plastifiants, des agents anti-UV qui rejettent des substances (alcanes, acétone, benzène…). Préférer les meubles cirés (cire naturelle) ou imprégnés d’huile (de lin).

FAIRE LE TRI DANS LES PRODUITS NETTOYANTS
Une étude réalisée par Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) sur 54 produits ménagers (nettoyants multi-usages et spécifiques) et différentes marques, a montré des nuisances. Les substances émises dans ces produits réagissent entre elles et avec d’autres composés présents dans l’air intérieur, ce qui conduit à la formation de composés dont l’impact sur la qualité de l’air n’est pas négligeable : formaldéhyde, une substance classée cancérigène avéré pour l’homme, amines et le limonène qui peuvent jouer un rôle dans la formation des polluants secondaires, particules de petite taille (<100 nm) et composés oxygénés dont les effets sur la santé sont suspectés.

ABANDONNEZ
> Les sprays : propulsé en fines gouttelettes, le produit potentiellement toxique reste en suspension et peut être inhalé ou entrer en contact avec les yeux ou la peau ;
> Les détergents non naturels : les nettoyants multi-usages, liquides vaisselle ou lessives sont composés de tensio-actifs. En outre, beaucoup de produits d’entretien contiennent des additifs comme les phosphates, les anticalcaires ou encore les agents de blanchiment très toxiques pour la biodiversité aquatique et pour la santé humaine ;
> L’eau de javel : bien que reconnue pour ses propriétés désinfectantes, elle contient du chlore. Rejeté dans les eaux usées, il est néfaste pour les organismes aquatiques et se retrouve aussi dans notre chaîne alimentaire. Par ailleurs, lors de son utilisation, elle peut causer des brûlures de la peau, des yeux ou du système respiratoire. Enfin, en cas de mélange avec de l’acide (présent dans quasiment tous les produits ménagers), l’eau de Javel produit un gaz très toxique, le dichlore. Il n’est pas nécessaire de désinfecter une maison à l’exception de cas de salmonellose, hépatites… Trop de désinfection peut, au contraire, induire une baisse des défenses immunitaires.
> Les bombes aérosol : parfums d’ambiance et même encens, contiennent des molécules cancérigènes ou allergènes, et des substances aux effets encore inconnus pour la santé. Optez plutôt pour les diffuseurs d’huiles essentielles Bio.

PRÉFÉREZ
> Le savon noir : naturel et biodégradable, il nettoie sol, sanitaires, four, plaques de cuisson, vaisselle ;
> Le vinaigre blanc : détartrant, désinfectant et dégraissant, il peut être utilisé pour nettoyer les sols, les vitres, la salle de bain, …
> Le bicarbonate de soude : il peut remplacer les anticalcaires, les lessives et les désodorisants classiques.
> Les huiles essentielles : elles peuvent remplacer bougies parfumées et parfums d’intérieur. A noter : celle de lavande fait fuir les insectes et celle de cèdre, les mites… De quoi remplacer insecticides et naphtaline, soupçonnés d’être cancérigènes !

( Inf ormations Association santé en vir onnement Fr ance).

n° 126 - Mai 2017


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