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Construire aux normes

Règles et recommandations parasismiques



Le tremblement de terre du 24 novembre 2007 nous a rappelé combien nous sommes vulnérables face à des événements imprédictibles auxquels nous sommes mal préparés.

Construire parasismique est une précaution de base pour réduire les effets d’un séisme. Cela permet aux bâtiments de se tordre sans rompre afin de permettre aux occupants d’avoir le temps de sortir de leur logement, en cas de catastrophe majeure.

Les règles

La construction parasismique répond à des normes de prévention regroupées dans des textes réglementaires, les règles PS-92 applicables depuis 1998, bientôt remplacées par une normalisation européenne : les Eurocodes 8. Un guide forfaitaire simplifié (guide CP-MI) reprend ces règles auxquelles toute construction la maison individuelle aux Antilles doit satisfaire. Ces obligations prennent en compte plusieurs domaines : la zone d’implantation, la nature du sol, les techniques de construction ( fondations, forme architecturale et structure porteuse) ainsi que les matériaux, le contrôle et les travaux d’entretien.

L’implantation

Le Plan de Prévention des Risques délimite les zones soumises aux aléas. Ces PPR instituent une carte de zonage réglementaire qui définit les zones de foncier constructible, d’autres à contraintes spécifiques (en bleu) et inconstructible (en rouge).

Le site

La nature du sol a une incidence sur le degré des désordres qui pourraient nuire aux fondations en cas de séisme. Une étude de sol est toujours nécessaire avant de construire, car il faut pouvoir adapter le type de construction aux caractéristiques du sol.

Les fondations

C’est du sol que viennent les déplacements de terrain lors des secousses, qui se transmettent aux fondations et par là à toute la structure. Ces sollicitations sismiques font naître des forces d’inertie sismiques dans la masse de la construction, forces qui doivent redescendre vers le sol à travers les fondations. Il est donc primordial que la taille et la structure des fondations soient calculées en fonction du projet et de la nature du sol. C’est le rôle du géotechnicien.

La forme du bâtiment

Autre obligation : l’étude de stabilité structurelle de la construction. Elle est réalisée par un ingénieur, par simulation, à l’aide de logiciels complexes. Le bâtiment doit pouvoir résister aux poussées latérales du choc sismique. L’architecture est divisée en blocs de forme rectangulaire. Sur chaque bloc est prévu un système de contreventement dans chacune des deux directions principales horizontales de façon à équilibrer la construction.

Les matériaux

Le choix des matériaux ( aux normes CE-NF) et du système de contreventement est important. Dans les murs porteurs, le parpaing creux de 20 cm est exigé. Cette largeur des chaînages permet un meilleur enrobage des aciers qui maintiennent et confinent l’ensemble en cohésion. En béton armé, les liens nécessitent une densité de ferraillage supérieure à celle des zones non sismiques. D’autres systèmes à ossatures en bois ou métalliques peuvent être utilisés.

Le contrôle

Le contrôle est obligatoire à chaque étape de la construction pour les bâtiments recevant du public de catégorie 1 à 4, la maison de plainpied échappe à cette obligation. Mais le contrôle est indispensable depuis le 1er avril 2006 pour les maisons de plus de deux étages dont le dernier niveau est situé à plus de 8 mètres du sol. Il est une règle à laquelle il ne faut pas déroger  : ne jamais toucher (percer ou couper) à un mur porteur, mur de contreventement. Enfin, un entretien régulier de la maison lui permettra de conserver à long terme ses qualités parasismiques.

A SAVOIR

Construire aux normes Une construction aux normes est subordonnée à une bonne coordination entre l’architecte, le bureau d’études, le constructeur et les différents corps de métier dans leur domaine de compétences. Le maître d’ouvrage est responsable de la mise en œuvre des règles de construction. A noter que les normes s’appliquent, sur les reprises d’ouvrage, sur les structures des bâtiments existants.