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INTERVIEW : JEAN-FRANÇOIS BUET

PRESIDENT NATIONAL DE LA FNAIM



« Les changements doivent être perçus comme positifs pour la profession »


Jean-François Buet, pr ésident nat ional de la FNAIM, ef fectuera un déplacement aux Ant il les-Guyane du 11 au 15 mai. Il sera le 12 en Guadeloupe pour r encontr er les ad hér ents de la Chambr e départementale. Le point sur cet te visite inéd ite et les act ions que mène la pr emièr e fédérat ion immobil ièr e de France.

Quel est l’objet de votre déplace- ment aux Antilles-Guyane ?
J’ai promis, lors de mon élection en 2012, de me rendre dans tous les départements et de rencontrer tous les adhérents. Nos adhérents dans les Antilles-Guyane sont aussi soumis au nouveau cadre réglementaire de leur profession et du marché. Si l’annonce des changements, dans le cadre de la loi Alur *, a pu soulever l’inquiétude, pour partie, ils ont été inspirés par les convictions et les combats de notre fédération  : déontologie, professionnalisme, éthique, protection du consommateur. Je viens aussi pour expliquer les contributions positives de la fédération lors de l’élaboration de cette loi, notamment la création du Conseil National de la Transaction et de la Gestion Immobilières (CNTGI) que la FNAIM réclamait depuis longtemps. Nous avons désormais une instance où nous disposons de 3 sièges aux côtés d’autres syndicats professionnels, des associations de consommateurs ainsi que des représentants du ministère.
Cette instance est extrêmement importante car, pour la première fois, les professionnels sont reconnus et pleinement associés à toute initiative législative concernant leur activité. Dans ce cadre, nous pouvons proposer ensemble des pistes pour améliorer le fonctionnement du marché.

Est-ce une première démarche officielle de la Fnaim à l’endroit de ces départements  ?
C’est la première fois que le président de la première organisation du secteur immobilier se déplace dans les 3 départements. Avec plus de 40 % de représentativité de la profession, la FNAIM est aujourd’hui engagée dans un mouvement de rassemblement de tous les professionnels. En 2014, des réseaux comme ORPI, MDI nous ont rejoints.
Il est important que les professionnels comprennent que c’est en nous rassemblant que nous serons plus forts et ce, pour le bénéfice aussi du consommateur.
Nous devons harmoniser nos pratiques, appliquer toute la réglementation pour assurer notre rôle de conseil et d’expert.

Ces départements vous paraissent-ils isolés de leur base ? Quels liens peuvent être resserrés ?
Ils sont très éloignés de facto et le rôle des chambres départementales et de la chambre régionale de la FNAIM est de maintenir ce lien. Des formations via l’ESI (Ecole Supérieure de l’Immobilier créée par la FNAIM) sont régulièrement proposées dans nos départements afin de maintenir les compétences et de qualifier davantage nos adhérents.
D’ailleurs, les taux de sinistres et de litiges sont très faibles aux Antilles compte tenu du bon niveau de formation des personnes, surtout en administration de biens et syndic de copropriétés.
Les liens peuvent être resserrés d’avantage grâce aux moyens de communication que met à disposition la FNAIM ainsi que le développement d’outils via l’extranet et Internet.

Entre nouvelles lois et marché de l’immobilier malmené par la conjoncture, quel message pouvez-vous délivrer aux agents de cette zone outre-mer ?
La disparition de la loi Girardin a été un coup d’arrêt et a considérablement amoindri la promotion privée immobilière. Le nombre de logements destinés à la location, avec ou sans loyer plafonné, est en nette diminution mais la demande locative reste très soutenue.
Aujourd’hui, notre fédération mène un travail actif auprès des pouvoirs publics pour soutenir le marché immobilier : remettre à plat la fiscalité de la propriété trop lourde, complexe et décourageante pour les investisseurs individuels et faire reconnaître un statut de bailleur privé.
Sur ce point, il est important que le rôle économique du propriétaire soit reconnu. Le mode d’imposition actuellement en vigueur des revenus locatifs revient à traiter les bailleurs personnes physiques comme « des rentiers » alors que souvent, pour eux, c’est un complément de revenus et qu’ils ont pris des risques en s’endettant.

Quelles sont les autres actions qui mobilisent la FNAIM ?
La FNAIM travaille sur les textes d’application en cours de préparation. Le nouveau contrat type de syndic vient d’être dévoilé. Vont arriver les nouveaux contrats d’habitation, les nouvelles obligations relatives à la formation continue et à la carte professionnelle qui sera délivrée par les CCI.
Nous accompagnerons nos adhérents à ces changements qui doivent être perçus comme positifs : le public ne pourra qu’apprécier notre volonté de transparence, de compétences et de rigueur.

* ALUR : Accès au Logement et à un Urbanisme Rénové

n° 109 du 30/04/2015