Le ciment

Santé et sécurité sur les chantiers



Les normes ne dispensent pas de se protéger.

Les ciments sont traités pour limiter leur teneur en chrome VI soluble afin de réduire les cas d’allergie au chrome. Cette disposition récente n’induit pas qu’il ne faut plus se protéger la peau et les yeux quand on les manipule car elle ne modifie pas le caractère alcalin du ciment gâché à l’eau (pH 12 ou 13), responsable des dermatoses, brûlures et eczémas. Le chrome VI, agent allergène, n’est qu’un facteur supplémentaire de complication. Tel est le message de la profession cimentière qui fait de la sécurité un enjeu majeur auprès des personnels, des sous-traitants, de ses clients et de tous ceux qui utilisent le ciment, le mortier et le béton frais.

Le chrome VI inactif

« Le chrome VI, matière naturelle, entre en quantités très infimes dans la composition du ciment. Mouillé, il dégage de la chaleur d’hydratation et cette montée de température peut provoquer des irritations qui peuvent dégénérer en lésions allergiques » prévient M. Nesty, directeur commercial au centre de broyage des ciments Lafarge. Une directive européenne de 2004, transcrite en droit français depuis 2006, a donc réglementé le taux de teneur de chrome VI soluble. La limite est fixée à 2 parties pour million (0,0002%). Mais le cimentier local a anticipé sur la norme et élevé cette exigence. « Le ciment a été le premier matériau normalisé CE et NF. Ici, le chrome VI est éteint et nous garantissons qu’il n’y a pas plus de 0,0002% de chrome VI soluble dans le ciment jusqu’à la date de péremption inscrite sur les sacs » précise M. Nesty.

Contrôles fréquents

On ne badine pas avec la norme : en salle de broyage du clinker, les opérateurs effectuent des tests toutes les demi-heures. Des échantillons sont également prélevés chaque mois par la DDE. Ils sont doublement soumis à des essais au laboratoire du centre technique et au laboratoire d’essai de la Ville de Paris. Enfin, un audit annuel de qualité vient compléter ce mode opératoire. « La réglementation n’est qu’un des éléments de prévention des maladies professionnelles. Elle ne dispense pas du principe de précaution lors de la préparation et de la mise en œuvre des mélanges à base de ciment » rappelle M. Nesty.

Protections adaptées

Des protections adaptées ont permis de réduire considérablement le nombre de dermatoses. Des plaquettes largement diffusées invitent à protéger toutes les parties du corps exposées. Il est ainsi recommandé de porter des gants imperméables doublés de coton et d’éviter les gants en cuir tannés au chrome, totalement inadaptés. De porter des vêtements de travail couvrant tout le corps, de les ôter quand le travail est terminé et de les laver régulièrement. D’utiliser des crèmes protectrices pour les mains avant et après le travail afin de graisser la peau. Et de porter des bottes étanches et des genouillères imperméables si les pieds et les genoux risquent d’entrer en contact avec le béton frais ou le mortier.