Prévention

Un nouveau simulateur sismique au CPRS



Se préparer aux risques sismiques est l’une des activités de l’association guadeloupéenne d’éthique et de vigilance (AGEV). Dans ce cadre, elle gère un simulateur sismique dernière génération destiné à préparer la population à un séisme majeur.

Fruit des dernières technologies, cet outil est impressionnant. Une plate-forme et des montants pour s’y cramponner sous l’effet des vibrations constituent le corps de l’engin piloté depuis un cerveau informatique. Tandis que les secousses s’accélèrent, des images en plein écran de bâtiments affectés défilent sous les yeux du testeur.
En une poignée de secondes, l’utilisateur s’imprègne des sensations que peuvent occasionner des séismes passés : Boumerdes en Algerie, Izmit en Turquie… L’appareil est programmé pour simuler des tremblements de terre à l’identique, en durée et en intensité, comme en Guadeloupe (2004), en Martinique (2007) ou à Haïti (2010).
« On peut créer un séisme à notre convenance puisque le logiciel peut être mis à jour » explique Robert Fontes, président de l’AGEV, association à l’origine de la première apparition d’un simulateur aux Antilles.

Large prévention à bord du sismobus
Hébergé à Pointe-à-Pitre au centre de préparation aux risques sismiques (CPRS) - le siège de l’AGEV-, ce simulateur, financé par la Région, est appelé à voyager de communes en communes et d’îles en îles. Il sera fixé au châssis d’un fourgon, principalement financé par la Diren. Ce prototype autonome a été conçu en collaboration avec l’AGEV. Pour M. Fontes, le sismobus sera une sorte d’« école ambulante » qui permettra d’informer et de faire de la prévention aux publics qui viendront tester l’appareil, en tous lieux et sur tous les terrains.

Acquérir une culture du risque
Rendre service à la population est le credo de cette association créée il y a une dizaine d’années. Mais c’est en 2005, après le séisme des Saintes, que sa volonté de sensibiliser la population aux tremblements de terre a pris forme avec l’arrivée, en 2006, du premier simulateur loué avec différents partenaires. Au sein du CPRS, elle s’est donnée pour mission de préparer les Guadeloupéens au « big one » afin qu’ils acquièrent une culture du risque pour mieux faire face à un phénomène imprédictible qui semble inéluctable.

Inauguré le 8 février 2009, date symbolique marquant le séisme meurtrier du 8 février 1843 en Guadeloupe, le CPRS concentre des spécialistes du risque sismique et des moyens matériels importants. Il propose de la documentation dont des fiches dédiées à la construction parasismique, abrite des expositions à vocation pédagogique sur les séismes, les tsunamis et les éruptions volcanologiques. Il diffuse des films et des documentaires vidéo, organise des conférences. Le sismokit ou kit de survie parasismique, issu d’un brevet guadeloupéen, a été conçu au sein de la structure. Sa vocation est de permettre de survivre durant plusieurs jours en cas de catastrophe naturelle.

Retour positif
Le public est réceptif aux tests de simulation comme en atteste une enquête de suivi. Parmi 666 personnes interrogées, 71% (dont 42% de femmes) jugent les tests de simulation utiles et 56% souhaitent qu’ils soient renouvelés. « Ces évaluations laissent à penser qu’il est indispensable de mener ce travail tous azimuts » explique Luc Reinette, responsable administratif du CPRS. La semaine Sismik sera l’occasion, pour le public, de tester le nouvel appareil.

A SAVOIR
Le CPRS est organisé autour de trois permanents  : Kimathy Elise, mis à disposition par le Conseil Régional,adjoint de M.Reinette et responsable de la culture scientifique et technique ; Malika Haouli et Sarah Cocks,animatrices.
Le centre est ouvert les lundi,mardi,jeudi de 9h à 12h et de 14h à 16h30 ; les mercredi et vendredi de 9h à 12h.
CPRS
Ancien immeuble Audebert Quai Gatine
97110 Pointe-à-Pitre
Tél.0590 91 71 13

n° 55 du 28/10/2010