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Prévention : le rôle du Plan séisme Antilles

« La culture du risque sismique s’améliore »



Guillaume Steers, chargé de mission sur les risques naturels à la Direction régionale de l’Environnement, explique le rôle du Plan séisme Antilles.


La population antillaise a intégré le risque cyclonique mais pas le risque sismique malgré deux alertes récentes, en 2004 et 2007. Pourquoi ?
Certes la culture du risque sismique reste moins développée en Guadeloupe que celle du risque cyclonique. Cependant, les 2 événements évoqués et les nombreuses opérations d’information menées depuis la fin des années 90, amplifiées depuis le lancement du Plan Séisme Antilles en 2007, ont permis une amélioration très nette de la sensibilité des guadeloupéens au risque sismique.
Le fait que les guadeloupéens aient effectivement aujourd’hui mieux intégré le risque cyclonique tient à la plus grande récurrence des cyclones : des ouragans majeurs touchent la Caraïbe quasiment chaque année, ce qui n’est (heureusement) pas le cas des séismes. Le dernier séisme majeur à avoir touché la Guadeloupe a en effet eu lieu le 8 février 1843. Les gens ont ainsi naturellement tendance à perdre la «  mémoire du risque ».

La campagne de prévention de la semaine Sismik, organisée dans le cadre du Plan Séisme Antilles, est-elle suffisante pour préparer les populations ?
Suffisante, c’est difficile à dire : on n’en fera jamais assez pour convaincre chacun de se préparer au séisme ; et il est difficile d’obliger chacun à le faire.
Mais la culture du risque sismique s’améliore grâce à ces actions, et il est bien sûr prévu de poursuivre et renforcer les actions « SISMIK », tout en tâchant d’en améliorer l’efficacité grâce à l’expérience acquise.
Quoi qu’il en soit, cette campagne de prévention ne constitue que l’une des composantes des mesures de prévention déployées au travers du Plan Séisme Antilles.
D’autres mesures majeures, à commencer par le confortement ou la reconstruction des bâtiments publics, sont mises en oeuvre (établissements d’enseignement, bâtiments de gestion de crise, établissements de santé, infrastructure de transport et de communication, bâti social).
Par ailleurs, des actions de formation des professionnels de la construction pour une bonne prise en compte des règles parasismiques sont organisées et des études visant à améliorer la connaissance du risque sismique en Guadeloupe sont réalisées.

Après le drame haïtien, la question des mesures de prévention, notamment de construction, peut-elle être renforcée ?
Les règles parasismiques existent en France, leur application est obligatoire depuis 25 ans environ. Si elles sont correctement appliquées, le risque de voir un bâtiment s’effondrer est minime.
Avant le drame Haïtien, le Plan Séisme Antilles visait déjà à prévenir les risques liés à un séisme majeur : cela ne change pas aujourd’hui.
Enfin il faut garder en mémoire que la situation d’Haïti n’est pas transposable en Guadeloupe, notamment car la vulnérabilité du bâti est moindre ici et les séismes différents.

De quels moyens dispose le Comité séisme local pour se préparer aux effets d’une catastrophe ?
Le Comité Séisme a davantage vocation à travailler sur la prévention ; il n’a pas de rôle opérationnel en cas de séisme.
Les mesures de prévention qu’il met en oeuvre dans le cadre du Plan Séisme Antilles participent, en anticipant, à réduire les effets d’un séisme majeur.
En outre, dans le cadre du Comité Séisme, des réflexions sont également menées pour se préparer à gérer un séisme majeur.
Notamment, une méthode de diagnostic d’urgence suite à un séisme est étudiée en lien avec l’AFPS (Association Française du Génie Parasismique).

n° 46 du 28/01/2010