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Traitement des déchets : une plate-forme multifilières



Le tri mécanique des déchets, la fabrication de compost et la récupération du biogaz ainsi que la production d’énergie par incinération de tout ce qui ne peut pas être valorisé sont les trois maillons du projet Gabar’Belle, la plateforme multifilières de revalorisation des déchets ménagers, piloté par le Sictom*.

L’enquête publique étant terminée, le dossier est entre les mains du commissaire enquêteur, pour avis. Les premiers coups de pioche devraient être données en 2010, et la plateforme, construite par un groupement de deux sociétés Valorgabar SAS, opérationnelle en 2012.
Le choix des options multiples de traitement pour amenuiser le stock des déchets ultimes, et en particulier la combustion des déchets, ne convainc pas les réfractaires au projet. « Mais il n’y a pas de traitement idéal. Les contraintes liées à l’insularité nécessitent de combiner différentes filières pour obtenir un résultat optimum. Ce projet est en tous points conforme aux normes françaises et européennes » répond Edouard Benito-Espinal, conseiller technique auprès du Sictom.

Valorisation biologique
Le projet s’articule autour de trois orientations.
Le prétraitement mécanique des déchets permettra de séparer les déchets recyclables pour une valorisation matière (tri des déchets), d’une part, et, d’autre part, de récupérer la fraction organique des déchets pour deux types de traitement : la production d’amendement organique sous forme de compost pour l’agriculture et le traitement biologique par méthanisation pour récupérer le biogaz comme source énergétique.

Valorisation énergétique
Tous les refus de tri (40% des déchets) et tout ce qui n’entre pas dans les déchets recyclables (compostage et méthanisation) seront ensuite incinérés dans un système four-chaudière afin d’être valorisés en énergie électrique dans la limite de 100 000 tonnes par an. Cette « centrale thermique » permettra d’alimenter en électricité une ville de 20 000 habitants.
« En terme d’impact sur l’environnement, ce choix permet de préserver les milieux aquatiques et la ressource en eau tout en générant un impact plus faible en terme d’occupation du sol ou d’émissions de gaz à effet de serre et en limitant les risques sanitaires pour la population » plaide M. Benito-Espinal.

Surveillance périodique
Les différents secteurs environnementaux (eau, air, sol…) seront sous surveillance périodique, conformément à la réglementation.
Les résultats de mesures et contrôles seront transmis aux services de l’Etat et pourront être rendus publics par le biais de la commission locale d’information et de surveillance (CLIS) regroupant des représentants des administrations publiques, de l’exploitant, des collectivités territoriales et des associations de protection de l’environnement.

* Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères, auquel 13 communes ont délégué ce service.

A SAVOIR
• L’enfouissement concerne actuellement 200 000 tonnes de déchets ménagers.
• L’investissement est estimé à 170 millions d’euros dont 90 millions.
• Cette opération permettra au final d’enfouir uniquement 4 000 tonnes de dechets par an.

n° 43 du 29/10/09